Pour les scientifiques, les expéditions conduites dans le massif du Makay ont tout d’un point de départ. Une fois leurs échantillons triés, ils sont analysés, envoyés à des experts internationaux, comparés, discutés, avant d’être finalement décrits. 

Un périple sinueux qui mènera les scientifiques quelques années plus tard – jusqu’à dix ans pour les groupes les moins étudiés – à la publication de premiers résultats. Un parcours indispensable qui prend tout son sens dans la mise à disposition de ces données à l’association Naturevolution et aux différents acteurs de la conservation du massif du Makay.

 

HISTOIRES DE DÉCOUVERTES

Chaque semaine, on vous raconte, comme au coin du feu, l’une des découvertes phares de l’expédition Makay 2017.

Une compilation d’écrits, de photos et de vidéos à retrouver ci-dessous  🔽

De quoi passer l’été au frais !

 

DES FOURMIS DANS LES ARBRES

À peine le briefing matinal terminé, que Jean-Jacques et ses collègues de la California Academy of Sciences (CAS) tapent déjà sur les branchages, retroussent l’écorce, secouent les feuillages pour déloger les fourmis qui s’y dissimulent et les recueillir dans un filet. Sur plusieurs décennies, l’étude minutieuse des fourmis a mis en évidence l’existence de près de 1 300 espèces sur toute l’île de Madagascar. Dans le cas du Makay, 169 représentants de la famille des Formicidae ont été inventoriés par l’équipe du CAS depuis 2010 parmi lesquelles 40 espèces se sont révélées nouvelles pour la science ! À elles seules, les fourmis symbolisent l’extraordinaire potentiel de découverte du massif du Makay.

Aphaenogaster nov. sp. / Statut UICN : Non évalué – Crédit photo : Jean-François Cart

 

#LeSaviezVous ❓ L’échantillonnage de toutes les castes d’une colonie (larves, mâles, ouvrières et reine) a été indispensable à la validation de la découverte d’une nouvelle espèce de fourmi du genre Aphaenogaster.

Pour aller plus loin :

–  article “Most Wanted : l’avis de recherche est lancé”

–  documentaire “Exploration Makay” de Laure Bourru, qui a suivi l’équipe du CAS

 

SA MAJESTÉ LE PALMIER

Derrière les crêtes désertiques du Makay, nous pénétrons dans un dédale humide et verdoyant de canyons. Le contraste est saisissant. La végétation y est luxuriante, avec un foisonnement d’arums, de pandanus, de fougères… C’est dans ce marécage, où nous nous enfonçons jusqu’à la taille dans un sol bourbeux et couvert de débris végétaux, que le Palmier majesté (Ravenea rivularis) a élu domicile par milliers. Sa présence en abondance dans le massif offre une lueur d’espoir pour l’espèce, uniquement représentée par 10 populations disjointes * et en déclin dans l’ouest malgache. Pour le Palmier majesté comme beaucoup d’autres espèces, le massif du Makay mérite son statut de coffre-fort de biodiversité.

Palmier majesté (Ravenea rivularis) / Statut UICN : Vulnérable – Crédit photo : Natexplorers

 

#LeSaviezVous ❓ Pour moins de 2 euros sur internet, vous pouvez vous procurer – en toute légalité – 10 graines de Ravenea rivularis, pourtant classé “vulnérable” par l’UICN.

Paradoxe de notre époque : le Palmier majesté est devenu plus commun dans les jardins du monde entier qu’à Madagascar, où il occuperait en tout et pour tout… 108 km². Un confetti à l’échelle de l’île et de son aire de répartition originelle .

* Populations disjointes : populations d’une même espèce séparées par une distance importante.

 

PRIS AU PIÈGE PHOTOGRAPHIQUE

Des empreintes animales ont été décelées en nombre à proximité du camp de Beora. Les sacs sont préparés. Leur contenu vérifié encore plus méticuleusement qu’à l’accoutumé : un GPS, des batteries en extra et surtout, les pièges photographiques. Chaque jour, Sergio et Rohan relèvent ces pièges avec l’espoir d’y découvrir les preuves du passage d’animaux. Potamochères, rongeurs, lémuriens, oiseaux… Très vite, les photos et les vidéos s’accumulent, fournissant de précieuses informations sur la distribution de ces espèces. Quand, sous les yeux ébahis des jeunes scientifiques, apparaissent les toutes premières images dans le Makay de l’énigmatique fossa plus grand prédateur et mammifère sauvage de Madagascar.

 

Fossa (Cryptoprocta ferox) / Statut UICN : Vulnérable – Crédit photo : Naturevolution

 

#LeSaviezVous ❓ Seuls 2 500 fossas subsisteraient à l’état sauvage sur toute l’île de Madagascar. Le Makay est l’un de leurs derniers refuges.

Pour aller plus loin :

–  article “Au sommet de la chaîne alimentaire”

–  article “Most Wanted : l’avis de recherche est lancé”

 

Rendez-vous la semaine prochaine pour de nouvelles “histoires de découvertes” – comme seul le Makay en a le secret !